Plus qu’un jour de décalage désormais pour la publication du journal sur ce site, je n’allume plus l’ordinateur pour éviter de faire monter un peu plus la température dans l’appartement. Chaque jour de la canicule historique qui brûle le pays, je publie ici, sur facebook et sur instagram mon « journal caniculaire ». Plus que jamais, nous avons besoin de poésie. Lire ou relire le Jour#1, le Jour#2, le Jour#3, le Jour#4, le Jour#5, le Jour#6, le Jour#7,le Jour#8 et le Jour#9.
Nous
fossiles vivants
embourbés dans une voie intenable,
drogués aux énergies
fossiles.
Huit heures du matin,
vingt huit virgule cinq degrés
déjà
le sel sur la peau.
La canicule est un choix de société.
Elle est la conséquence
la plus visible
la plus inconfortable
de notre rapport agressif au vivant.
La canicule est politique.
Il ne s’agit pas de débattre
pour ou contre
la climatisation
mais bien de nommer
les véritables responsables
les choix irresponsables
présentés comme progrès.
Si rien ne change, nous connaîtrons plus quatre degrés de réchauffement d’ici la fin
du siècle.
On ne s’adaptera pas à plus quatre degrés
et ceux qui disent le contraire
sont des menteurs.
On ne s’adaptera pas
quand il n’y aura plus d’eau,
On ne s’adaptera pas
quand il fera cinquante degrés à l’ombre
des arbres qui ne seront pas encore
brûlés.
La canicule est politique
mais nous pouvons encore préserver
l’habitabilité de l’avenir
si
nous faisons le choix de l’intelligence
collective
plutôt
qu’artificielle.
Si rien ne change,
nous
deviendrons fossiles.
[Une énième fois, à demain pour de nouvelles aventures caniculaires]
Clément Bollenot

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