Journal caniculaire d’après #2

En juin et juillet dernier, j’ai tenu un journal caniculaire pendant ces deux canicules historiques. J’ai ensuite déconnecté un peu mais au retour fin août, les traces de la chaleur extrême et de la sécheresse qui sévissent depuis fin mai m’ont obligé à poursuivre l’écriture de poèmes sur cette thématique. C’est ce que vous trouverez dans ce Journal caniculaire d’après, au compte goutte. Bonne lecture et n’oublions pas !

Le monde se fissure.
L’été n’existe plus, balayé par la fournaise.
Le monde se fissure et l’arbre me fixe
de son oeil-refuge.
J’entends son souffle, beaucoup plus vieux
que moi,
que nous.
J’entends son murmure qui dit
la souffrance du feu,
la torture de la soif.

Je voudrais lui dire
ne t’en fait pas, ça va aller
comme on dit aux enfants quand
on est plus sûr de rien.

Je voudrais lui dire mais je n’ai pas la force
alors je murmure à mon tour
tu sais, je voudrais tant que nous prenions un autre chemin.

Et l’œil grouillant de larmes fixe l’enfant-chêne toujours debout au pied de ses parents,
toujours debout porté par le flot de la vie
et les premières colchiques.

Clément Bollenot

Une réponse à « Journal caniculaire d’après #2 »

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