Journal caniculaire d’après #1

En juin et juillet dernier, j’ai tenu un journal caniculaire pendant ces deux canicules historiques. J’ai ensuite déconnecté un peu mais au retour fin août, les traces de la chaleur extrême et de la sécheresse qui sévissent depuis fin mai m’ont obligé à poursuivre l’écriture de poèmes sur cette thématique. C’est ce que vous trouverez dans ce Journal caniculaire d’après, au compte goutte. Bonne lecture et n’oublions pas !

À force
de couper un à un les fils
qui nous relient au vivant,
nous oublions,
nous
nous égarons hors de toute perception,
à bout de souffle.

À force,
tout ça semble normal;
nous n’entendons ni le cri des arbres assoiffés
ni le gémissement des plantes desséchées.
Ce qui ne s’entend pas n’existe pas pourtant
ce silence est un vacarme qui saute aux yeux en cette fin d’été.

Les mots ont un sens mais
la langue n’est pas figée.
Parler de mauvais temps pour désigner
la pluie,
c’est
refuser de voir
le désastre en cours.

Clément Bollenot

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